| Tous les ans se déroule,
de la fin juin à la fin juillet, à Papeete " Le Heiva I Tahiti",
qui est un grand concours d'arts traditionnels.
C'est l'occasion de découvrir la richesse de la danse, des sports maohi, des tatouages, de l'artisanat et de prêter une attention toute particulière à la culture polynésienne. Il ne faut pas perdre de vue que dans la Polynésie pré-européenne la danse n'était pas qu'un spectacle, que la pirogue n'était pas qu'un sport, pas plus d'ailleurs que le décortiquage des noix de cocos ou le lever de pierre et que les artisans ne fabriquaient pas que des objets décoratifs. Nous commencerons par la danse tahitienne dont l'histoire est émaillée d'interdictions, d'oublis et de réinventions. Dans l'ancienne Polynésie, toutes les manifestations collectives étaient accompagnées de danses. Elles intervenaient dans les évènements civils, familiaux, militaires ou religieux. Sur les marae, on dansait pour célébrer le début de la saison des récoltes. Sur le pont des pirogues doubles, on dansait pour convoyer des présents aux chefs. Avant de partir au combat, ou durant le combat, on dansait (cela faisait partie intégrante des manoeuvres militaires). La danse-spectacle existait aussi. Elle faisait partie des "Heiva"
(traduisez "Jeux") auquel se réfère le "Heiva" d'aujourd'hui.
Les danses des Heiva ou celles
des upa upa, souvent érotique ont provoqué diverses réactions
chez les observateurs étrangers.
Les tahitiens pratiquaient alors la danse clandestinement et tant qu'à faire, "la plus scandaleuse" A la fin du XIX° siècle, les autorités françaises tâchent de satisfaire le penchant des Tahitiens pour les Heiva . C'est la création , à partir de 1881 du "Tiurai" ou "Fête de Juillet" qui correspond à la "Fête nationale du 14 juillet". Les "indigènes" pouvaient
participer à des concours en tous genres:
Les "autorités" voulaient ainsi fédérer les Tahitiens autour d'une fête nationale et les éloigner des missionnaires protestants, sous influence anglaise. Au cours de la première moitié du XX° siècle, les Tiaurai s'ancrent profondément dans les moeurs. Les habitants des districts et des îles affluent vers Tahiti "pour faire la fête", durant un mois entier. Dans les années 60-70, on retrouve toujours la
même ambiance....Beaucoup de commerces et d'administrations doivent
fermer leurs portes...
Le grand retour de la danse dans cette grande fête annuelle a eu lieu en 1956, grâce à l'énergie d'une ancienne institutrice, Madeleine MOUA. C'est elle qui est à l'origine des troupes modernes, composées "de sveltes demi-tahitiennes de bonne famille", comme le groupe "O Tahiti e", qui a connu un formidable succès au HEIVA 98, grâce à ses ballets, subtils mélanges de tradition et de modernité, absolument somptueux. Merci à Teiki, à Lorenzo et à tout leur groupe pour le fabuleux spectacle qu'ils ont présenté. Nous regardons souvent la cassette, immortalisant leur prestation de 98 et nous débutons toujours nos "séances de parcours diversifiés" en écoutant le CD Rom "Te Tapa'O". |