Qui était Matthias Gallas ?
C'était le général
de l'empereur germanique, roi de Bohême et de Hongrie, détenteur
des domaines de la très puissante Maison d'Autriche.
A la fin du mois d'octobre 1636,
il avait décidé de traverser la Saône à Saint
Jean de Losne pour se rendre en Comté et y faire hiverner son armée
forte de 80000 hommes.
C'était sans compter sans
l'héroïque résistance des Saint Jean de Losnais, l'arrivée
de Rantzau et les caprices de la Saône qui l'obligèrent à
se replier sans dévaster sur son passage des villages entiers.
La Bourgogne paya très cher le repli de Gallas.
Cette défaite cuisante devant une poignée d'hommes, de femmes et d'enfants malades pour certains, a eu des répercussions jusqu'en Allemagne où le général contraint à une fuite honteuse, fut symbole de grand malheur et l'on reprenait souvent l'expression "Malheureux comme Gallas!" pour évoquer quelqu'un qui n'avait pas de chance.
Les caricaturistes et les poètes de l'époque ne manquèrent pas de le ridiculiser :
Je suis ce grand GALLAS
autrefois dans l'Armée
La gloire de l'Espagne,
et de mes compagnons
Maintenant je ne suis qu'un
corps plein de fumée
Pour avoir trop mangé
de raves et d'oignons.
O destin malheureux, faut-il
qu'une brouette
Me serve de chariot et
de faible supprot
Le passant qui me voit
me plaint et me regrette
Ou bien il croit de voir
quelque ventre de porc.
Gargantua jamais n'eut une
telle panse,
Considérez un peu
son extrême largeur.
Ha j'aurais emporté
quelque coin de France
Si j'eusse été
si bon soldat que bon mangeur.
Gallas était-il vraiment tel que le représente souvent l'imagerie populaire?
Voici comment il parle de Gallas :
<< Ce général en chef de l'Empire était le comte Matteo Galasso, héritier de l'ambitieux Walstein dans la faveur de Ferdinand II; remarquable homme de guerre, même en ces temps remplis d'illustres capitaines; Italien poli, délié, habile, honoré dans les guerres de Bourgogne par plusieurs traités d'humanité et de justice, au milieu des barbaries des chefs subalternes de l'expédition; et que nos traditions bourguignonnes ont travesti en je ne sais quel tudesque Calibau, demi-effroyable, demi-ridicule, sous le nom germanisé de Galas.
Ce favori de la fortune, qui le devait humilier dans nos provinces, était alors au plus haut degré de sa renommée"
Si Gallas est symbole de malheurs, il n'en donne pas moins son nom à des fêtes qui ont lieu tous les 50 ans et au cours desquelles la ville de Saint Jean de Losne célèbre l'héroïque défense de ses habitants sous l'appellation "Fêtes de la GALLAS"
Les dernières ont eu lieu en 1986. Elles ont attiré plus de 100000 personnes dans ce paisible chef-lieu de canton qui fait sa renommée, à la veille du XXI° siècle grâce à son port de plaisance.